Patricia Ferrara

Accueilli en résidence : du lundi 1 mai au mercredi 1 novembre 2006
Un projet de : Patricia Ferara

TENTATIVES VAGABONDES


PROMENADES PREPAREES AU PARC DE LA CITADELLE

Poursuivant son projet autour des relations entre corps et paysage, la chorégraphe Patricia Ferrara a proposé pendant sa résidence deux promenades préparées au parc de la citadelle sous la forme de parcours guidés.

« Loin d’une pratique scénique spectaculaire ou évènementielle, je propose de faire l’expérience d’une rencontre singulière avec un site.

Il est ici essentiel de comprendre cette intervention en dehors de tout contexte purement chorégraphique. Le danseur fonde sa perception de l’espace à partir du corps. Forte de cette expérience, éprise de grand air et intéressée par la vie végétale je construis depuis quatre ans un travail autour de la question du paysage en mettant en jeu une sensibilité plus qu’un savoir faire.

Je  propose donc une promenade guidée d’un genre particulier qui prendra en compte la globalité du lieu. Par le regard, je fais entrer progressivement le spectateur/promeneur dans la dimension sensible du paysage dans un aller-retour entre le détail et le global en reliant des éléments du paysage entre eux.

Il est avant tout question de faire ressentir les particularités du lieu en privilégiant sa poétique et ses effets sur les promeneurs. Il s’agit d’une immersion, d’un cheminement qui (dé)place, (dé) construise, (dés)oriente  le marcheur de manière ludique et modifie par là même la relation qu’il établit ordinairement à son environnement, à un site historique ou touristique.

Cette marche est jalonnée de consignes simples que je donne en direct.

Elle est accessible à tous, sans distinction d’âge, aux petits marcheurs comme aux plus avertis. La distance à parcourir est modeste. Il importe plus de se livrer au jeu de la découverte, de l’ouverture, de l’échange et de l’expérience. »


RENCONTRE AVEC PATRICIA FERRARA A LA MALTERIE

MARDI 31 OCTOBRE

Retour sur les promenades, présentation de la démarche globale de la chorégraphe et de son travail autour du p a y s a g e.

Projection de sa vidéo « Un moment de bleu ».

 

Patricia Ferrara a fondé le Groupe Unber Humber en 1991 après avoir suivi un parcours sauvage dans le monde du mouvement. Depuis une dizaine d’années, elle s’attache à explorer de nouveaux modes de relation aux spectateurs et aux lieux en mettant en place des dispositifs à géométrie variable qui privilégient l’idée d’un espace ouvert, non hiérarchisé et incluant une mise en scène du regard du spectateur. Sans les déserter pour autant, elle est ainsi sortie des lieux de répétitions et des salles de théâtre pour un exil volontaire dans l’espace ouvert.

Les créations qui suivirent témoignent aussi de ces questions : « Ca ressemble à un dimanche », « Demain peut-être », « Dialogue », « Promenade préparée »  ou « D’un jour à l’autre ».

"Il y a six ans, j'ai modifié mon rapport à la création en m'intéressant à certaines composantes de la perception de l'image en mouvement : cadre, lumière, bords et contours, perspective et profondeur, corps et environnement.
J'ai mis en place des dispositifs à géométrie variable, en privilégiant l'idée d'un espace ouvert et non hiérarchisé. La relation aux spectateurs a de fait été repensée en fonction de chaque projet.
L'ensemble des propositions chorégraphiques de ce site présente donc des caractéristiques communes.
La rencontre avec un lieu où le travail hors du cadre de la scène est pensé dans un souci d'adaptabilité et de légèreté. La rencontre avec un public qui s'intègre aux dispositifs mis en place en ces lieux. Ces dispositifs sont des éléments chorégraphiques et plastiques pensés comme médium de la relation entre le public, le site et les danseurs.
La frontière entre danseurs et spectateurs tend à disparaître au profit d'une relation qui "chahute" les codes de la représentation. Ainsi le geste créatif et sa fréquentation sont replacés dans le champ d'une expérience à vivre.
Ces pièces sont aussi parfois des re-créations puisque pensées pour un lieu donné. Il convient donc de les appréhender comme autant de matériaux susceptibles de renouveler le processus de composition. On peut parler en cela de recyclage. À ces éléments préexistants viennent s'ajouter des matières découvertes dans l'instant.
J'aime à parler de mes bricolages, dans le sens de travail dont la technique est adaptée aux circonstances.
Chorégraphier serait pour moi actuellement, interagir avec ce qui m'entoure, mettre en relation, participer au mouvement des choses en parcourant des distances, en cheminant, en traversant l'horizontalité comme métaphore d'un mouvement de la pensée.
Sans les déserter pour autant, je suis sortie des lieux de répétitions et des salles de théâtre pour un exil volontaire dans l'espace ouvert. À ce titre, une bourse d'Aide à l'écriture m'a été allouée en 2007 par le Ministère de la Culture pour une recherche autour de la thématique "Mouvement, regard, paysage".

Patricia Ferrara - mars 2008


PHOTOS DE LA RESIDENCE :